Vous trouverez ci-dessous quelques textes et informations concernant notre projet, ou la philosophie qui le sous-tend :
Les multiples pages de ce site �voquent en d�tail les activit�s "�co-nomiques-logiques" qu'abrite la ferme de Vevy Weron. Il se trouve que la ferme est aussi le lieu de vie quotidien d'une quarantaine de personnes , impliqu�es ou non dans ces activit�s. Ce que nous appelons "habitat group�" , qui fait partie de notre "sph�re priv�e", mais dont le th�me semble int�resser bien des gens. Nous sommes ouverts � toute rencontre utile sur ce th�me :voir coordonn�es , ainsi que nombreuses photos dans les pages "centre d'accueil" . Nous pr�f�rons toutefois vous recevoir sur rendez-vous, pour �tre disponible � un �change fructueux et d�tendu, sans tomber au beau milieu de nos multiples activit�s ! Si vous formez votre propre projet, il peut être intéressant de se rencontrer en groupe, pour susciter de nombreux partages entre vous et affiner votre cheminement.
Pour vous lancer à votre tour dans l'aventure, une foule d'informations sur le site www.habitat-groupe.be , géré par l'ASBL "Habitat et Participation" à Louvain-la-Neuve. Chaque histoire est différente, mais pourquoi ne pas s'épargner certaines erreurs déjà vécues par d'autres, ou se renseigner pour visiter quelques lieux qui ont déjà "de la bouteille" !? Habitat et Participation organise au moins une fois par an des formations à la Création de Projets d'habitat groupé, qui se passent du reste bien souvent en tout ou en partie chez nous ! Bienvenue ! Voir ici l'agenda de leurs nombreuses activités !
par Christian Lagrange, aux Editions Terre Vivante
Si la crise du logement vous concerne, si vous d�sirez retrouver la convivialit� et r�duire votre impact sur la plan�te, alors il est temps d'envisager l'habitat group�. Ce mode de vie permet de respecter chaque espace priv� tout en restaurant l'esprit de coop�ration qui existait dans les villages autrefois. Le principe est simple : il s'agit de mettre en commun des biens, des �quipements ou des comp�tences... afin de cr�er un habitat �cologique et chaleureux.
Cette forme d'habitat, tr�s r�pandue dans les pays du Nord, commence � appara�tre sous nos latitudes et s'adapte � la ville comme �la campagne. Alors, avant de vous lancer dans l'aventure, profitez de l'exp�rience de Christian La Grange. Afin de vous aider dans vos d�marches, il pr�sente son parcours, �maill� de multiples t�moignages. de fa�on tr�s r�aliste, il insiste sur les conditions du succ�s sans omettre les informations pratiques, juridiques ou financi�res.

Christian La Grange est architecte d'int�rieur. ( voir son site ) . Ap�tre de la simplicit� volontaire, il est sp�cialis� dans un habitat d�pouill� et �conome. Depuis vingt cinq ans il vit en habitat group�
(dont douze � la ferme de Vevy Weron ). C'est un mode de vie qu'il conna�t, qu'il appr�cie et qu'il souhaite faire partager.
partie 1 |
partie 2 |
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Le cohabitat ou l'habitat group�, consiste � partager sa vie
de mani�re conviviale, sur un terrain divis� en parcelles priv�es et
communes. Chaque participant garde son habitat personnel, tout comme
son autonomie �conomique et id�ologique. Il profite d'une maison neuve
ou r�nov�e, entour�e de toutes sortes d'infrastructures communes et
d'�quipements collectifs. Ce contexte dynamique vous permettra
d'entrevoir des horizons nouveaux. Vous serez entrain�s � organiser
toutes sortes d'activit�s ou de grandes f�tes, que tout seul dans votre
coin, vous n'auriez jamais os� imaginer ou m�me entrevoir auparavant.
Ce sera �galement l'occasion de vous faire de nouveaux amis.
Concr�tement ce seront aussi des actes d'entraide quotidiens,
comme conduire les enfants � l'�cole.
Sans en faire une r�gle absolue, tous les r�sidents participeront aux
prises de d�cision par consensus. Ils partageront des d�penses
quotidiennes, notamment celles de la buanderie ou ceux li�s au
jardinage et participeront r�guli�rement � des travaux communs destin�s
� entretenir les lieux. Ces travaux seront li�s � des r�unions
permettant diverses mises au point d'ordre pratiques et financi�res.
Vivre de cette mani�re, c'est investir dans le complexe et le
multiple, cela implique plus de souplesse, de rigueur et d'�nergie.
Cela demande davantage d'attention, il faut apprendre � accepter et
respecter les autres dans leur diff�rences et leurs compl�mentarit�s.
C'est lier son bonheur � celui des autres, accepter d'�tre limit� par
les autres et prendre des initiatives constructives pour C'est aussi
une alternative aux maisons de repos et de soins. Bref, c'est une
association de personnes qui comme les dix doigts de la main, tenteront
d'adh�rer � une cause ou charte commune.
Si vous ne l'envisagez que comme un refuge pour pr�server votre
s�curit�, le projet ne fera pas long feu et mieux vaut ne pas entamer
l'exp�rience. Si vous ne composez pas avec les autres et si la rigueur
fait place au “laisser aller”, tout s'�croulera rapidement et ne sera
plus que tensions et d�couragements. La formule a d'autant plus de
chance de r�ussite si les r�sidents ont contribu� aux capitaux du
projet et consacr� beaucoup de temps et d'�nergie � sa mise au point.
Une des plus grandes difficult�s pour la constitution du projet,
consiste � trouver assez de membres pr�ts � y adh�rer. Comme tout
projet, plus il a �t� discut� et pr�par�, plus il a de chance de
traverser le temps.
Christian La Grange
Cela consiste, comme son nom l'indique, � habiter ensemble un endroit donn�; � partager une certaine unit� de lieu � un niveau sup�rieur � la famille nucl�aire habituelle.
Sans rien enlever, pr�cisons-le, � l'identit�, � la vie familiale en tant que telle ! Simplement, plusieurs familles, ou couples, ou c�libataires, choisissent d'exp�rimenter ensemble un niveau d'�change, d'action , d'engagement ou de fraternit� � interm�diaire �, � dimension humaine : � dix ou vingt on peut entreprendre des choses plus complexes, plus audacieuses, plus rapidement aussi, que tout seul ou en famille, sans pour autant se perdre dans la foule ou l'anonymat du village ou de la ville...
Et si certains habitats group�s ont la dimension d'un hameau ou petit village, une autre diff�rence subsiste : les habitants se choisissent mutuellement selon certaines r�gles ou appr�ciations fix�es en commun : loin d'en exclure tout conflit ( les humains restent des humains...) on �vite ainsi la formation de clans et le � chacun pour soi �. Nous choisissons au d�part certaines valeurs communes ( l'accueil, l'�cologie, le respect ... ), qui garantissent une coh�sion suffisante du groupe, et nous servent de garde-fou en cas de dissensions ou de litiges .
Nous nous diff�rencions de l'habitat communautaire au sens ou nous partageons moins de temps et moins de choix qu'une v�ritable communaut� : habitations diff�renci�es, repas communs possibles mais non � obligatoires �; enfants non pris en charge collectivement, et pas ou peu de gestion mat�rielle commune, tout au plus une cagnotte ponctuelle ici ou l� ...
Rien de bien effrayant, donc ! Juste prendre le temps pour nos nouveaux visiteurs de d�couvrir qui est qui et qui fait quoi o� ! Au d�but, �a embrouille un peu et puis on s'habitue!
Georges Debaisieux - - - - - - Vevy Weron, septembre 2004 .
L'�volution de notre projet de groupe nous met quotidiennement en contact, mais � une �chelle soutenable, avec les limites de toute activit� humaine en croissance : � trop ajouter de personnes et d'activit�s, nous en viendrions � recr�er la ville � la campagne, avec son cort�ge de nuisances. Chez nous, la croissance du groupe a �t� "organique" , au sens o� 22 ann�es s�parent maintenant les deux familles du d�part de la trentaine d'habitants actuels : on a eu le temps de s'adapter au fur et � mesure, comme un arbre qui prend le temps de grandir ! Ce n'est pas anodin, car m�me en ayant chacun son chez-soi , il y en a des choses � optimiser quand on partage le m�me lieu ! Et on n'improvise pas � 30 avec la l�g�ret� qui nous suffisait � 8 !
En conscience, nous choisissons bien s�r de maitriser cette �volution : nous disposons d'autant d'hectares, d'autant de kilowatt-heures et d'autant de b�timents, � un moment donn� il faut se centrer sur ce qui est, et non plus cro�tre comme le voudrait une � certaine logique � commerciale ! Notre projet gagne en r�putation et attire du monde ! Partager trop nombreux les qualit�s invent�es ici dissoudrait ces qualit�s m�mes dans la lourdeur du nombre ! Aussi invitons-nous r�guli�rment nos visiteurs "emball�s" � fonder eux-m�mes un jour un projet � leurs propres dimensions !
Notre � micro-d�mocratie � interne nous permet de sentir chaque jour o� la libert�, l'espace ou le pouvoir de chacun empi�te sur celui de l'autre et devient donc contre-productif … Une r�flexion, une discussion au sein ou non de nos r�unions mensuelles permet d'�viter de st�riles conflits : l'�chelle m�me de notre projet permet plus ou moins � chacun de nous de garder une vue d'ensemble et de d�passer son point de vue �go�ste ou personnel, ce qui devient de moins en moins possible � l'�chelle d'un quartier entier, d'une agglom�ration ou d'une ville ! M�me si nos activit�s professionnelles sont individuelles, nous pouvons veiller � leur synergie avec les activit�s des autres et consid�rer comme utile et n�cessaire de respecter la place de chacun .
Et pareillement dans nos rapports interpersonnels, l'unit� du lieu, rassembl� autour de la cour de ferme, et notre conscience de participer � une aventure passionnante, nous demandent ici et l� de r��valuer certains d�sirs, certains reproches, certains comportements inad�quats, pour pr�server la qualit� de l'ensemble , comme nous aurions sans cesse � le faire concernant notre plan�te enti�re ! Nous ne pouvons pas, et nous ne voulons pas � sombrer � dans la d�sagr�gation de notre � village �, et voir r�duire notre id�al � de vaines querelles de voisinage ; � l'anonymat, l' hostilit� ou la m�fiance mutuelle qui pr�valent malheureusement dans bien des paysages humains ! ! !
Pourquoi attendre d'un paradis ce qu'il nous faut t�t ou tard ( r�- ) apprendre � construire � ici-maintenant � !??
L' habitat group� � tendance �cologique, en tant que r�ponse aux d�gradations diverses caus�es par la mondialisation .
Il s'agit d'une mise en pratique tr�s concr�te de la pens�e de Ren� Dubos :
Sans �tre un sp�cialiste ni de l'OMC ni d'�conomie ni de politique internationale, il faut avoir la vue bien courte pour ne pas distinguer les corollaires f�cheux de la mondialisation commerciale sans limite, pour ne pas voir les effets pervers de l'ouverture illimit�e de tous les � march�s � : on a g�n�ralis� un syst�me o� le SEUL r�gulateur est l'argent, le profit, le march� lui-m�me ! La finalit� du march�, du profit ne fait plus partie du projet : le syst�me tourne en � roue libre �, m�me sans pilote : si �a se vend, c'est que c'est bon !!
D�s lors, prendre en compte la notion de � bien commun � , et donc d'�cologie dans ce type de fonctionnement rel�ve de la v�ritable r�volution ! On n'y arrive � pr�sent que sur papier, en � chiffrant � le prix du futur en cas de non-respect, ce qui est un peu d�tourn� .
Concr�tement, il s'agirait d'introduire dans tout projet de transaction �conomique, une attitude �thique : ceci est-il v�ritablement utile ? , soutenable � long terme ? , respectueux des communaut�s locales ? , �cologiquement meilleur ? … La seule formulation de ces crit�res donne une id�e du chemin � parcourir dans bien des cas !!!
Le pouvoir politique central ( ONU, Commission Europ�enne, et autres gouvernements ) n'est le plus souvent plus qu'un petit drapeau visible mais impuissant, la plupart des d�cisions vraiment importantes �tant d�j� prises dans le monde �conomique, et dans sa seule logique ( qui n'est pas v�ritablement � politique � ! ) . On assiste ainsi � l'invasion du monde politique, cens� promouvoir et d�fendre un � id�al de vie �, par le lobbying commercial g�n�ralis� : celui-ci est, de toute �vidence devenu le � r�el � pouvoir . Il faudrait bien �videmment que ce soit le contraire, et que des � visionnaires politiques � dignes du nom ( … tout est l� … ) fassent du lobbying au sein des entreprises, et puissent, le cas �ch�ant, interdire des pratiques non �thiques : il y va, ni plus ni moins, de la survie de la plan�te toute enti�re … ce qui � ce jour, ne semble gu�re inqui�ter d'hommes politiques influents ( mais rarement visionnaires … ) .
Il en r�sulte que le plus souvent, l'individu, le citoyen se sent de plus en plus totalement d�pass� par les �v�nements, et �prouve le sentiment frustrant de n'avoir plus prise sur rien, de subir tout comme �tant pr�programm� et inexorable …
C'est le � manque � dans lequel notre habitat group� prend tout son sens : restaurer � petite ( et donc humaine ) �chelle un espace de vie, de cr�ativit�, d'originalit� o� chacun peut se sentir actif, utile et reli� . Ce qui n'exclut en rien l'activit� �conomique, tout en la reliant – enfin ! – aux dimensions humaine et �cologique . Mais ce qui ouvre un espace immense de rencontre, de solidarit� et de service entre les personnes : de multiples ressources peuvent �tre partag�es au lieu d'�tre vendues : baby-sitting, voiture, connexion internet, outils et comp�tences, buanderie, et j'en passe . C'est le lieu o� inverser l' � atomisation � de toute consommation, si profitable � la soci�t� du m�me nom, et renforc�e encore par l'�clatement moderne des familles . C'est le lieu o� se r�approprier une r�flexion intelligente sur ce qui se passe : nous nous voulons � responsables � de nos actes, sans se cacher hypocritement dans le troupeau de moutons ! C'est le lieu o� r�apprendre, justement, � �tre visionnaire, � � refaire le monde � pas seulement autour d'un verre, � cesser de � faire comme tout le monde � parce que c'est dans l'air du temps ! Comment aller vers l'avenir sans savoir ce qu'on veut y mettre !? La plupart de nos hommes politiques, coinc�s maladivement dans les vieux concepts de � plein emploi �, � croissance �conomique � tout prix �, et � comment �tre r��lu la prochaine fois � ; sont parfaitement incapables d'imaginer un nouveau paradigme, d'innover r�ellement … nous nous y essayons � toute petite �chelle, et l'exercice est vraiment instructif !
L'humanit� a sans doute eu besoin de fr�ler ces limites inqui�tantes pour prendre conscience du danger pour la plan�te, de la finitude des ressources, … La technique et la science permettent � pr�sent des cr�ations nouvelles m�me �cologiques : le fonctionnement d'une �olienne moderne, ou l'�conomie de papier et de d�placements r�alis�e gr�ce � internet, doivent tout � des techniques tr�s r�centes et certainement utiles ! Il faut juste ne pas perdre de vue que cela ne suffit pas : l'attitude de � simplicit� volontaire � et de � d�croissance joyeuse � ont encore bien du chemin � faire dans les (in-)consciences p�tries de publicit�s tapageuses pour gadgets inutiles . Extirper de sa t�te la croyance que le bonheur soit li� � avoir encore et encore plus, surtout si l'on se targue d'en souhaiter autant aux milliards de personnes moins choy�es , voil� le vrai travail int�rieur !
Les divers chemins emprunt�s par le communisme au si�cle dernier ont illustr� une �vidence : vouloir, par id�al, r�partir la croissance plus �galitairement, rend cette croissance bien faible, sinon nulle ! Le lib�ralisme, permettant aux plus malins de r�colter les fruits sur le dos des autres, brille par ses avanc�es spectaculaires en tous sens, et cache tant bien que mal les innombrables � d�g�ts collat�raux �.
La le�on � en tirer est � ce niveau : nous avons chaque jour le libre arbitre de choisir entre cette vitesse passionnante et destructrice de la � libert� � ; et la lenteur r�fl�chie et �quilibr�e ( la m�me que celle des arbres et de la nature toute enti�re ! ) d'une d�marche plus approfondie, � moins courte vue, qui tente simplement de consid�rer chaque �tre humain comme un �tre humain …
Le chemin � suivre est simplement celui de la Nature, � laquelle nous appartenons inexorablement, et qu'une arrogance m�prisable nous donne l'illusion de ma�triser ! Celle-ci, et malgr� qu'elle n'a pas avec certitude de � plan d'avenir � pr�cis, a progress� � petits pas minuscules, a cr�e par infimes mutations et m�langes successifs, la diversit� �quilibr�e et incroyable que nous connaissons encore aujourd'hui . Ses lois � s�v�res � ( la loi de la jungle ? ) ont certes �limin� ici et l� des cr�ations devenues incompatibles avec d'autres :
nous avons chaque jour le libre arbitre de ne pas �tre les prochains sur la liste ! …
Alors, concr�tement ?
Notre habitat group� propose plein de petits pas utiles et r�alistes :
R�tablissement du commerce de proximit� : nous avons sur place un mara�cher bio, une boulangerie, et une �picerie qui rendent le � circuit court � plus �vident que n'importe quel autre : substantielles �conomies en d�placements, temps perdus et tentations idiotes dans les grandes surfaces ; et cr�ation d'emplois conviviaux
Energies renouvelables : l'�chelle d'un habitat group� ( +/- 10 maisons ) permet des inves- tissements beaucoup plus int�ressants en capteurs solaires, chauffage centralis�, et bient�t cog�n�ration �lectricit�/chaleur : une grosse installation ( 45 m2 de capteurs ) est proportionnellement moins ch�re et plus performante que 10 petites !
Convivialit� : restructurer une vie sociale � dimensions humaines ; remettre � l'honneur le partage des comp�tences plut�t que leur commercialisation ; favoriser toutes formes de troc et de synergie entre les personnes et les activit�s .
Partage : d'un tas de choses habituellement multipli�es par l'isolement : tondeuse � gazon, tron�onneuse, machine � laver, appareils divers, atelier, serre, piscine, connexion internet, jeux d'enfants, … v�hicules dans une moindre mesure …
Lagunage et eaux us�es : n'�tant pas raccord�s aux �go�ts, nous assainissons nous-m�me nos eaux us�es en fauchant nos lagunes de � macrophytes � et en les incorporant aux composts locaux : encore un circuit court qui permet de valoriser une mati�re sur place !
Quartier des roulottes : permettre aussi � certains d'entre nous de se r�approprier � le fait d'habiter � hors du cadre habituel � appartement/loyer/voisinage � peu souvent harmonieux quand on a peu de moyens .
Choix, en tant que propri�taire, de partager avec id�al, originalit� et engagement la responsabilit� d'un grand domaine ( 12 hectares ) au niveau humain ; plut�t que d'en tirer le profit maximum au niveau financier ou sp�culatif : je suis juste � de passage � avant la prochaine g�n�ration ! ( ceci n'emp�chant pas le r�alisme d'une saine gestion immobili�re )
… dans une grande partie du monde, rien que �a �viterait bien des d�sastres !! …
et enfin :
Exercice quotidien de la micro-d�mocratie : l'essentiel de nos d�cisions importantes se prend en groupe, en r�unions mensuelles et dans le consensus le plus large possible, c�d prenant chaque fois que n�cessaire le temps d'harmoniser les diff�rents points de vue pour �viter des � minorit�s frustr�es � trop r�guli�res et pesantes pour l'ensemble du groupe .
Il y a l� un espace fondamental o� se retrouver acteur et responsable des nombreux choix que la vie propose, plut�t que spectateurs impuissants ou r�leurs � improductifs � : nous r�apprenons � POUVOIR faire bouger les choses !
Georges Debaisieux
Ferme de Vevy Weron, mars 2007
Eh oui, nous aussi avons eu notre s�quence d�cal�e avec Mouloud, ic�ne incontest�e des actualit�s funky en France ! Le concept d'�mission d'une heure �tait tout neuf, et d�di� � l'�cologie " Mouloud se met au vert", trait�e comme il se doit avec une certaine ironie, mais destin�e � toucher peut-�tre un public inhabituel ... Les 12 derni�res minutes de l'�mission se d�roulent chez nous, mettent en sc�ne quelques aspect de vie quotidienne, et le reste est int�ressant et/ou amusant aussi !
Alors vive l'�cologie funky, nos r�flexions quotidiennes en petit comit�, frott�es au monde fou des villes !
... D'ailleurs c'est le probl�me ( relativement insoluble malheureusement ) de nos courageux repr�sentants �cologistes : comment se faire �lire avec des objectifs impopulaires ? Comment "vendre" les comportements �cologiques de mani�re joyeuse, attirante, alors qu'ils sont souvent teint�s au d�part d'id�es ( bien n�cessaires au demeurant ) de restrictions, de r�sistance, de conscience et autres comportements "laborieux" pour certains ... Si ce n'est par les �lecteurs d�j� conscients. Comment convaincre les autres ? La peur ? La peur de la dioxine, la peur des intoxications, la peur de l'accident nucl�aire, la peur de la d�r�gulation en pagaille ? Serrons-nous les coudes pour avoir moins peur ? Ou aussi, le d�dain pour toutes les autres formes de politique, qui s'enlisent l'une apr�s l'autre dans les m�mes orni�res politiciennes ... Comme si le syst�me lui-m�me emp�chait dor�navant toute vue � long terme, toute politique digne du nom . Totalement emp�tr� dans ses auto-justifications, dans son impardonnable l�chet� devant "la main invisible", son hypocrisie devant la pauvret�, et surtout, surtout, son invraisemblable foi dans les axiomes obsessionnels : "Ca va red�marrer, l� on prend un peu le bouillon, mais tout va bien, �a va repartir, ayez confiance ! " ; "Surtout, citoyens, continuez � consommer, l'avenir du capitalisme est entre vos mains ! " ( quoique la deuxi�me moiti� de la phrase, assez vraie si on s'y met tous ensemble, est par ailleurs tr�s int�ressante ! ) ; ... et le joli chapeau qui coiffe le tout : "la Croissance", leitmotiv d'une plan�te � la d�rive ; m�me maintenant, nous sommes dans une p�riode de croissance n�gative !
Si �a c'est pas funky, alors ! Bon, c'est de l'�conomie, c'est pas de l'�cologie, mais on va y arriver !
Or oui, il faut "vendre" le v�g�tarisme, la marche � pied, le v�lo, les mat�riaux et les jouets qui durent, les toilettes s�ches et tous les appareils �conomes ( donc le moins d'appareils possible ! ) ; il faut boycotter les gadgets d�lirants, la vie full automatique, toute forme d'assu�tude aux modes et aux marques . Il faut quitter tout cela, sans se d�soler de la fin d'aucun "�ge d'or" ! Les temps actuels sont compl�tement fous, et la plan�te survivra tr�s peu de temps � leur maintien . Il faut souffler vigoureusement sur ce ch�teau de cartes de la consommation effr�n�e d'objets inutiles et de qualit� sans cesse d�croissante, il faut expliquer aux enfants le gaspillage monumental qu'elle repr�sente de plus en plus, l'illusion folle qu'elle v�hicule de combler les d�sirs humains, extensibles � l'infini et exalt�s au del� de toute limite naturelle par une publicit� omnipr�sente ... On ne peut plus ne pas voir que toute cette arrogante richesse est b�tie sur la mis�re de l'immense majorit� des hommes, les seuls qui travaillent vraiment, les seuls qui, avec leurs maigres moyens, produisent plus qu'ils ne consomment, les pigeons absolus de tout le syst�me !
Nous voyons � pr�sent les empires financiers s'�crouler l'un apr�s l'autre, se raccrocher dare-dare au soutien des Etats apr�s avoir jou� impun�ment pendant trante ans avec l'argent de tous, et surtout avoir recul� sans cesse encore au-del� de toute limite honn�te, la correspondance entre les invraisemblables cr�dits accord�s tous azimuts, et la richesse r�elle ( de moins en moins r�elle, justement, la preuve en est ! ) sur laquelle s'appuyer ! Tout se passe comme si on avait d�j� d�pens� la richesse que produiront ( si tout va bien ! ) les trois ou quatre g�n�rations d'humains � venir !! Si �a ne s'appelle pas fondamentalement "hypoth�quer l'avenir", je veux bien faire science �co pour comprendre enfin la beaut� incomprise du syst�me financier moderne !
Car enfin, avec du simple bon sens, si on regarde ce qui se passe, il y a un probl�me vraiment structurel, non ? R�fl�chissez :
Toutes les banques, tous les Etats, tous les citoyens dits civilis�s aussi, sont endett�s jusqu'au cou, ils doivent tous des milliers, des millions ou des milliards de dollars ou autres ! Mais d'o� viennent-ils ?? Qui les a pr�t�s ?? O� est-il ce citoyen, cet Etat, o� est-elle cette banque qui croulerait sous les cr�ances, elle, o� est l'autre plateau de cette balance folle ??? Nulle part bien s�r ! Les banques g�rent � pr�sent des "actifs" ( il faut oser ! ) dix fois, vingt fois sup�rieurs � leurs avoirs propres ! Tout cela est virtuel, tout �a c'est du vent, de la richesse fabriqu�e sur les pauvres, sur les g�n�rations futures, tout �a ce sont des plus-values purement financi�res cr��es de toutes pi�ces sur d'obscurs flux de r�elles marchandises, de r�els services cach�s l� tout en dessous de la pile, la "vraie �conomie" comme on dit maintenant ( c'est fou les n�ologismes qui apparaissent soudain � ce tournant des choses ! ). Tout �a ne repose sur rien de concret, rien de solide ! Tout �a fonctionne � la confiance, tout �a n�cessite de continuer sans cesse � jouer ce m�me grand jeu avec les m�mes r�gles ou mieux, avec des r�gles elles-m�mes de plus en plus folles ! N'est-ce pas la d�finition m�me de l'instabilit� ? Alors il faut comprendre que si le ch�teau de cartes virtuel s'�croule, ce qui - ne devrait-on pas l'esp�rer ? - est en train de se passer, seule cette �conomie vraie conservera une valeur vraie ! Un peu trop de cr�dits foireux d'un coup, un peu trop de confiances effrit�es un peu partout au m�me moment, et tout commence � basculer dans le chacun pour soi, �tape pr�liminaire au n�ant - ou au retour hypoth�tique et tellement souhaitable � un peu de sagesse ! Les robinets fous du cr�dit se ferment, et le vide apparait ; l'impensable vide sur lequel naviguent ces navires fianciers aux arrogants timoniers ... Et avec tout ce qu'on a d�localis�, externalis�, vendu d'une mani�re ou d'une autre aux pays �mergents, eh bien nous nous rendrons compte, tout d�pit�s, qu'il ne nous reste plus grand chose de concret, et que nous nous sommes mis, avec notre aveuglement commercial de nantis, dans une d�pendance absolue � d'autres �conomies ! Juste retour des choses ... sauf � modifier d'un coup toutes ces r�gles volatiles par un petit coup de pouce militaire de la part de l'un ou l'autre mauvais perdant ... �videmment !
Enfin, tout �a a d�j� �t� dit, mille fois ... Il faudrait justement ne pas vendre ces n�cessit�s mais les enseigner, les donner � comprendre d�s le plus jeune �ge, et il y a du boulot !
Les ann�es � venir ont toutes chances d'�tre passionnantes ! Funky ? On va essayer ; c'est pas gagn� !
C'est facile de parler de simplicit� volontaire � des convaincus ! C'est autre chose de faire passer ce choix chez les novices, chez les "nouveaux utopistes" : ceux qui croient dur comme fer que le monde peut continuer � tourner comme il tourne sans courir � une perte totale et certaine, qu'il n'y a rien � limiter, que tout va de mieux en mieux ... Les gens normaux eux, savent que �a ne peut plus durer tr�s longtemps, qu'on ne va pas droit au mur, qu'on est d�j� dedans ! Mais ils ne savent pas quoi faire ... Ca fait des d�cennies que les philosophes sugg�rent de "changer l'homme", "changer les mentalit�s" ... Il est temps d'en finir avec les concepts de ce genre, et d'agir : se changer soi-m�me dans ses croyances, son rapport au monde r�el, aux autres, � l'argent, � la Nature !!! Aujourd'hui, pour de vrai ; pas demain s'il fait beau !
Georges, octobre 2008 ... et merci � S�bastien pour la "Nouvelle Th�orie de l'Utopie".
Nous y voil�, nous y sommes. Depuis cinquante ans que cette
tourmente menace dans les hauts-fourneaux de l'incurie de l'humanit�,
nous y sommes.
Dans le mur, au bord du gouffre, comme seul l'homme sait le faire avec
brio, qui ne per�oit la r�alit� que lorsqu'elle lui fait mal. Telle
notre bonne vieille cigale � qui nous pr�tons nos qualit�s
d'insouciance. Nous avons chant�, dans�.
Quand je dis � nous �, entendons un quart de l'humanit� tandis que le
reste �tait � la peine.
Nous avons construit la vie meilleure, nous avons jet� nos pesticides �
l'eau, nos fum�es dans l'air, nous avons conduit trois voitures, nous
avons vid� les mines, nous avons mang� des fraises du bout monde, nous
avons voyag� en tous sens, nous avons �clair� les nuits, nous avons
chauss� des tennis qui clignotent quand on marche, nous avons grossi,
nous avons mouill� le d�sert, acidifi� la pluie, cr�� des clones,
franchement on peut dire qu'on s'est bien amus�s.
On a r�ussi des trucs carr�ment �patants, tr�s difficiles, comme faire
fondre la banquise, glisser des bestioles g�n�tiquement modifi�es sous
la terre, d�placer le Gulf Stream, d�truire un tiers des esp�ces
vivantes, faire p�ter l'atome, enfoncer des d�chets radioactifs dans le
sol, ni vu ni connu.
Franchement on s'est marr�s. Franchement on a bien profit�.
Et on aimerait bien continuer, tant il va de soi qu'il est plus rigolo
de sauter dans un avion avec des tennis lumineuses que de biner des
pommes de terre.
Certes.
Mais nous y sommes. A la Troisi�me R�volution.
Qui a ceci de tr�s diff�rent des deux premi�res ( la R�volution
n�olithique et la R�volution industrielle, pour m�moire) qu'on ne l'a
pas choisie.
� On est oblig�s de la faire, la Troisi�me R�volution ? � demanderont
quelques esprits r�ticents et chagrins.
Oui.
On n'a pas le choix, elle a d�j� commenc�, elle ne nous a pas demand�
notre avis.
C'est la m�re Nature qui l'a d�cid�, apr�s nous avoir aimablement
laiss�s jouer avec elle depuis des d�cennies.
La m�re Nature, �puis�e, souill�e, exsangue, nous ferme les robinets.
De p�trole, de gaz, d'uranium, d'air, d'eau.
Son ultimatum est clair et sans piti� :
Sauvez-moi, ou crevez avec moi (� l'exception des fourmis et des
araign�es qui nous survivront, car tr�s r�sistantes, et d'ailleurs peu
port�es sur la danse).
Sauvez-moi, ou crevez avec moi.
Evidemment, dit comme �a, on comprend qu'on n'a pas le choix, on
s'ex�cute illico et, m�me, si on a le temps, on s'excuse, affol�s et
honteux.
D'aucuns, un brin r�veurs, tentent d'obtenir un d�lai, de s'amuser
encore avec la croissance.
Peine perdue.
Il y a du boulot, plus que l'humanit� n'en eut jamais.
Nettoyer le ciel, laver l'eau, d�crasser la terre, abandonner sa
voiture, figer le nucl�aire, ramasser les ours blancs, �teindre en
partant, veiller � la paix, contenir l'avidit�, trouver des fraises �
c�t� de chez soi, ne pas sortir la nuit pour les cueillir toutes, en
laisser au voisin, relancer la marine � voile, laisser le charbon l� o�
il est, – attention, ne nous laissons pas tenter, laissons ce charbon
tranquille – r�cup�rer le crottin, pisser dans les champs (pour le
phosphore, on n'en a plus, on a tout pris dans les mines, on s'est
quand m�me bien marr�s).
S'efforcer. R�fl�chir, m�me.
Et, sans vouloir offenser avec un terme tomb� en d�su�tude, �tre
solidaire..
Avec le voisin, avec l'Europe, avec le monde.
Colossal programme que celui de la Troisi�me R�volution.
Pas d'�chappatoire, allons-y.
Encore qu'il faut noter que r�cup�rer du crottin, et tous ceux qui
l'ont fait le savent, est une activit� fonci�rement satisfaisante.
Qui n'emp�che en rien de danser le soir venu, ce n'est pas
incompatible.
A condition que la paix soit l�, � condition que nous contenions le
retour de la barbarie –une autre des grandes sp�cialit�s de l'homme, sa
plus aboutie peut-�tre.
A ce prix, nous r�ussirons la Troisi�me r�volution.
A ce prix nous danserons, autrement sans doute, mais nous danserons
encore.
Fred Vargas , arch�ologue et �crivain