Créer un commerce associatif au départ de l'épicerie de la ferme !

compte-rendu détaillé de notre réunion du 22 février

L'épicerie de Vevy Weron va avoir 30 ans. Le développement commercial du "bio" a bien changé le paysage depuis ces lointains débuts, et demande aux plus petits magasins une certaine dose de créativité pour rester attractifs au plus grand nombre. Nous ne pouvons pas offrir sur une si petite surface le choix, "l'hyper-choix" proposé ailleurs. Et si on inventait autre chose ? Quelque chose de simple ? Où au meilleur compte, on puisse se fournir en produits de base chaque semaine, tout en s'intéressant au processus de cette distribution ! A l'instar des GAC et autres AMAP qui se mobilisent pour soutenir un producteur agricole, considérons qu'il est intéressant aussi de soutenir une "épicerie locale" : nous ne mangeons tout de même pas que des légumes et de la farine !

Nous avons visité dans ce but « De blauwe bloem » à Gand, l'initiative d'un couple de commerçants, Mia Stockman et Luuk Humblet. Dans leur magasin de produits biologiques, et inspirés par les propositions de Rudolf Steiner en matière d'économie sociale, ils ont proposé à leurs clients de mettre en place un mode de fonctionnement différent et participatif, qui se démarque du commerce conventionnel . Ils ont suggéré à leurs clients de financer tous ensemble leur salaire, moyennant quoi les produits « bio » seraient ensuite vendus avec une marge bénéficiaire très réduite.

Ainsi la rémunération des commerçants ne dépend plus de la quantité vendue ;

mais au contraire le développement de cette quantité fait plutôt baisser les prix, au bénéfice de tous !

Nous aurons ainsi un rôle plus convivial de mise en relation, et de recherche de produits locaux. Pour diminuer le gaspillage et les invendus, il s'agira de réapprendre à anticiper vos achats ; ainsi nous pourrons regrouper des commandes vers les agriculteurs partenaires. Les commandes se feront par Internet, ou sur papier. Dès réception des produits, chaque client trouvera sa commande disponible dans un casier à son nom.

L'idée de base est de considérer que pour l'épicier, déplacer une bouteille d'eau ou de vin est le même effort. Pourquoi donc prendre une marge bénéficiaire plus importante pour l'une que pour l'autre ? On considère dès lors qu'une bouteille d'eau vaut une unité tout comme une bouteille de vin. On considère en outre que les produits non périssables achetés par carton complet (6 ou 12 pièces le plus souvent), représentent eux aussi "un seul paquet", et ne vaut lui aussi qu'une unité. Là les prix commencent à vraiment changer ! Les unités payées par chaque client sont totalisées à la fin du mois, et leur total, ajusté de 6 mois en 6 mois, en fixera la valeur pour le trimestre suivant.

Pour les imprévus de dernière minute, un stock de dépannage permet de combler les oublis et de compléter sa commande. Quant au commerçant, il gagne le temps passé à "attendre" ses clients, et se libère de l'idée de « faire du chiffre ». Il y a donc aussi l'objectif de « fidéliser » les clients, tout en revalorisant le métier d'épicier.

Un autre aspect capital du projet est de développer des circuits les plus courts et les plus locaux possible. Dans le cadre de l'épicerie de la ferme de Vévy Wéron, nous souhaiterions aller massivement dans ce sens. Si vous avez des suggestions n'hésitez pas !

Au delà du magasin sis à la ferme de Vévy Wéron nous envisageons d'ores et déjà un service de livraison à domicile. En particulier dans des communes proches où ne se trouve aucune épicerie bio. Le projet prend la forme d'une société coopérative à finalité sociale (SCRLFS), elle se préoccupera à terme d'insertion de personnes en difficulté, et se trouve d'ores et déjà dans une dynamique collective et neuve, qui n'attend que vous pour évoluer encore !

Nous vous proposons dès maintenant d' ouvrir le débat qui a déjà commencé « en interne » et de vous joindre à un groupe plus large de clients. Cela permettra de faire connaissance et de créer un lien autre que «commercial». Vous aurez ainsi tout loisirs de poser toutes vos questions et la possibilité d'émettre toutes les suggestions qui vous viennent à l'esprit. Pour les plus motivés ce sera le cas échéant l'occasion de s'investir dans notre groupe de travail et de poursuivre la réflexion qui mène au renouveau que nous souhaitons.

 

Osons innover !

Soyons des précurseurs !

 

Kari Stevenne - Caroline Jennes - Christian et Michèle Lagrange - Françoise Bastin - Georges Debaisieux